Je suis né avec une maladie : la grandiose.
Je sais que l’on ne raffole pas de ce genre d’articles. Mais j’ai trouvé obligatoire de débuter mon aventure sur une note transparente et spontanée. Je suis né avec une maladie : la grandiose. Cette maladie, c’est simplement le désir d’accomplir, de réaliser. Je me fiche de faire dans la dentelle ou de suivre les codes sociaux et moraux qui nous sont imposés par défaut, sans connaître qui nous sommes et qui nous voulons être. Mon rêve, c’est : écrire ! Cela peut paraître bizarre, mais c’est le cas : depuis mon enfance, je rêvais de créer des histoires, de donner vie à des univers, de faire résonner l’écho de ma voix. Mais pour l’instant, en me regardant, je vois plutôt : crainte, peur, timidité, alors que c’est tout à fait le contraire de qui je veux être. Mon plus grand rêve, c’est d’accomplir quelque chose, qu’après ma mort on se rappelle de moi, que le monde entier se rappelle de moi. Je veux marquer mon époque, mon environnement, mon entourage. Mon rêve, c’est d’inspirer les gens, de leur offrir de la joie, de la gaieté. Je veux faire rire le monde, qu’il sourie en se rappelant les souvenirs qu’il a partagés avec moi. Écrire cet article est une enjambée dans mon périple, actuellement, stylo en main, mon cœur bat la chamade et je me sens nauséeux car j’ai peur. Mais je pense que c’est la bonne chose à faire ! Écrire est pour moi un moyen de concrétiser, de donner vie. Les mots sont tout à coup plus forts une fois couchés sur papier, et cela provient du fait qu’écrire a un coût : l’honnêteté. Rédiger une critique sur soi nous demande de l’accepter, avouer que nous aimons ou non quelque chose exige de nous un prix et c’est celui de l’acceptation, la dernière phase du deuil. Écrire une idée, c’est en faire le deuil, accepter qu’elle grandisse ailleurs, accepter de ne plus porter son poids réconfortant dans son for intérieur. Et je me désole de voir cette pratique abandonnée. Les gens n’écrivent plus ou plus de leur cœur. Le monde a besoin d’auteurs, de gens qui portent son histoire et ses pensées, de gens qui mettent des fragments de leur être dans leurs écrits. Je ne pense pas en faire partie mais je le souhaite et je le désire du plus profond de mon âme. Je désire porter ne serait-ce que les méandres du monde auquel j’appartiens. Mon plus grand amour, ce sont les mots, ces conventions universelles qui prouvent que l’humain peut s’entendre avec les siens. Mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est : être différent. Le fait que personne au monde ne me ressemble est ma plus grande fierté, car même si on me regarde comme une bête de foire, qu’on se fout de moi derrière mon dos, qu’on m’insulte, je suis heureux d’être qui je suis, d’avoir ma propre réalité, car c’est ma manière de dire que j’assume qui je suis, et que je suis en parfaite harmonie avec ma religion, mes valeurs, mes croyances et mon environnement. J’assume être différent de vous : alors laissez-moi vous conter l’histoire d’un enfant, d’un futur génie rêveur de la prose.
Comme toute histoire fantastique qui se respecte, tout commença par un rêve, la seule différence est qu’il s’agissait d’un rêve éveillé qui dure encore maintenant.
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Jeune pousse que j’étais, curieux à en être malade, je touchais à tout, littéralement. J’avoue, je confesse : je suis un peu bizarre — peut-être trop. Mais j’aime dire que je suis unique, différent. On a beaucoup de fois essayé de me faire comprendre que je suis à part, or j’ai toujours pris ces remarques comme un compliment. J’étais spécial. J’éprouvais ce désir ardent de tout connaître, et un jour, je ne me souviens pas exactement, je découvris l’existence des contes, de la magie et des créatures fantastiques. À cet instant imprécis, je fus perdu pour de bon, délaissé dans le farfelu et le pittoresque. Je rêvais en plein jour, moi qui pensais que les rêves s’arrêtaient à l’aube, je les vivais dorénavant à midi et à minuit. Mon cerveau laissait mon imagination couler librement, comme s’il avait peur de devoir la restreindre un jour. Les années de ma vie se résumaient à cette valse solitaire entre moi et mon imaginaire. Les hommes mouraient, mais moi j’imaginais. C’était mon oxygène, un jour sans que je bouge, mes jambes me démangeaient, ma tête me heurtait. J’imaginais pour vivre et non l’inverse. Je découvris Fairy Tail, les livres et le pouvoir des mots. Mon imaginaire devint plus sophistiqué et complexe. Je créais ma propre mythologie, mon panthéon. Je compris qu’écrire, c’est concrétiser et offrir une sorte de réalité à une sorte de rêve éphémère qu’autrui s’efforçait de ruiner. Depuis ce jour, mes combats et la recette de mes potions furent catalogués, transcrits sur papier. J’avais ce contrôle sur ma vie que je n’avais pas en réalité. Je décidais de tout dans mes histoires, la couleur des yeux de mes personnages, celle de leurs vêtements et même de leurs sous-vêtements, c’était jouissif !
J’userai de ce don à bon escient.
J’espère vous revoir dans une autre aventure !
Votre cher aventurier
A.B



